Flying Cockpit Tour ULM 2018 : Récit de l'aventure

Voyage ULM en famille

Le 5 septembre, direction l'aérodrome de Dogneville afin d'effectuer un petit vol d'essai car nous partons le lendemain pour 4 jours de voyage. C'est la première fois pour ma maman qu'elle vole en ULM, ce test sera essentiel pour décider si oui ou non, nous pouvons partir...
Le temps est super, tout est ok, plein gaz et décollage pour un petit tour d'Epinal, avec les lacs. Ma mère se sent bien, la mémoire de ses premiers vols en  Piper Cub revient (il y a seulement 54 ans)...
Je lui passe les commandes, et c'est parti pour différentes évolutions, virage léger, puis grandes inclinaisons à gauche et à droite. Retour au terrain après cette petite remise en jambe, c'est décidé : Nous partirons le lendemain !!!

Le 6 septembre

Le temps est beau mais se couvre rapidement. Normalement arrivée sur le terrain pour midi là bas  afin de préparer le Tétras et planifions un décollage vers 14h30.

Bien que le temps s'assombrisse de plus en plus, nous nous préparons à partir avec le Tétras direction l'aérodrome de Beaunes. Marc étant parti avec un élève, pour un vol local, avant nous, il me confirme que le temps est acceptable, et que le trajet devrait pouvoir se faire.

On part léger juste un sac accroché à l'arrière à côté du parachute avec deux mousquetons et un petit sac à côté de ma mère contre la porte avec 2 - 3 provisions (bouteilles d'eau et quand même un petit en cas, au cas où).

Après une visite pré-vol effectuée, une checklist ACHEVER vérifiée, nous décollons vers 15h00 pour 1h45 de vol. Vu les conditions météorologiques, pas de tour sur Gérardmer, les Vosges sont bouchées.

Donc direction Beaune, avec un passage dans un trou bleu, 140/150 km/h, ma mère est en confiance, et sait pertinemment que je ne prendrai pas de risques inutiles. Je stabilise la machine à 2000 ft, et prends la décision de réaliser la branche par cheminement (je considère l'altitude trop basse, et la visibilité dégradée pour y aller à l'estime). Je passe alors les commandes à ma co-pilote, et constate qu'elle tient bien son cap (du moins le mieux qu'elle puisse).


Elle découvre vraiment le confort des casques d'aujourd'hui, elle qui volait avec mon grand-père sans rien sur les oreilles (peut-être la raison pour laquelle elle parle si fort aujourd'hui 😃).

Après une légère éclaircie, le temps recommence à s'assombrir en vue de Nuits-Saint-Georges où nous devons faire un survol de la famille. Il commence à pleuvoir et les gros nuages noirs qui nous suivaient virent à gauche et se dirigent sur Beaune où nous devons atterrir. Là, avec ce temps, pas question d'aller sur Beaune, je prends alors la décision de changer le programme et d'interrompre le vol en atterrissant à Nuits-Saint-Georges (mon contact de Beaune me préviendra 15 minutes plus tard qu'il ne voyait pas le bout de la piste de l'aérodrome...).

En vent arrière dans le circuit de l'aérodrome, devant nous une petite colline, les fameuses vignes de Nuits et les vendangeurs au boulot. Celle-çi fait perdre un peu les repères du circuit, en plus en bout de piste, petit lotissement, ligne électrique, ligne de chemin de fer... Arrivés en finale, avec la pluie qui commence à être dominante, et malgré les 2 crans de volet, une remise de gaz s'impose, afin de se représenter convenablement et réaliser un atterrissage au top. Accueillis par deux membres du Club, qui après discussion, nous proposent de stocker l'appareil pour la nuit. Le Tétras passera bien la nuit au chaud et surtout à l'abri.

Le 7 septembre 

Après un passage obligé par la pompe à essence, nous retrouvons le secrétaire de l'aéroclub afin de récupérer le Tétras et de le préparer pour le vol de l'après-midi. Aujourd'hui grand ciel de cumulus, nous imaginons donc que le vol sera légèrement turbulent.


Nous dormirons une nouvelle fois chez des membres de la famille ce soir... En décollant on entend à la radio qu'il y a l'hélico du SAMU 71 qui prend la même route que nous, à une vitesse, un peu plus rapide quand même. Vol super en direction de Beaune, Chalons sur Saône, Mâcon, Bourg-en-Bresse, Ambérieux-en-Bugey, où mon grand-père a fait son école de pilotage à la fin des années 20. Nous passons Lyon par la gauche, nous apercevons Grenoble au loin. L'aéroport de Grenoble passé nous virons à droite pour rejoindre la Drôme avec une superbe vue sur le début des Alpes ainsi que le Rhône. Un simple mot qualifie cette vue : magnifique !




Après un survol de la maison de ma tante nous prenons la direction de Roman-sur-Isère, où nous laissons le terrain d'aviation sur notre droite et nous cherchons la piste d'ULM de Chatuzange-le-Goubet. Petite piste privée, d'environ 300 m, avec au bout un hangar, pour lequel j'avais contacté le propriétaire pour y passer la nuit.

Après un posé un peu mouvementé, vent arrière dû au sens de la piste, un lotissement au seuil de piste, une haie d'arbres, une ligne électrique, un champ de blé juste moissonné, nous installons l'appareil pour la nuit et attendons l'arrivée de la famille.


Le 8 septembre 

Après un petit restaurant en famille en terrasse à l'ombre, tellement il fait beau, nous partons pour la piste de décollage. Remplissage des réservoirs, en deux étapes, pas de blague possible, 2h30 de voyage au total pour rejoindre Saint Florentin.


Décollage et un petit passage à la « verticale » du groupe pour un dernier au revoir et direction Saint-Florentin en passant cette fois-ci par la gauche de Lyon, pour un passage sur le MORVAN, surnommé la barrière météo, et que l'on passe sous un ciel bleu. On monte, stable à 5 000 ft, avec quelques voiles de parapentes en dessous de nous sur les premiers contreforts. À cette altitude il y a peu de turbulences ce qui est agréable, ce sera notre étape la plus calme.


En route on a été en liaison avec les centres de Lyon, Clermont, et Seine qu'on n'a pas pu avoir malheureusement (il nous entendait à l'inverse de nous). En arrivant à proximité de St Florentin, après avoir annoncé notre heure d'arrivée verticale, on nous annonce "Pas de verticale, largage paras et treuillage planeur en cours sur la plateforme". 

Ah oui, OK, en plus planeurs dans la zone avec treuil sur piste, la totale quoi (on découvrira un message de mon père, au sol à ce moment là : "Il y a des planeurs, des paras, des avions, comment allez vous faire ?!" 😃). En plein circuit d'aérodrome, je commençais à sentir ma mère "stresser" de voir les différents planeurs, para. J'ai donc pris le temps de la rassurer et de lui expliquer comment nous allions faire pour nous intégrer.

On est accueillis par Patrice, le propriétaire du club ULM. Pilote & instructeur, super rencontre intarissable sur les histoires et anecdotes sur la vie des ULM. Il a un magnifique pendulaire ainsi qu'un Savannah et donne des cours de pilotage. Il nous invite bien sûr à garer le camping-car de mes parents à côté du hangar, là on ne peut pas faire mieux. Ambiance très agréable, seuls les planeurs sont à l'autre bout du terrain côté treuil et sur leur piste. Un coin resto-buvette, à côté du hangar para, où l'on peut manger ou boire un coup (sans alcool bien sûr tant que les avions sont en l'air). On profite de ce moment paisible tous les 4 en compagnie de Patrice, autour d'un soda, après avoir rentré le Tétras et fermé les portes du hangar.

Le 9 septembre 

Après un réveil bien agréable sur le terrain, nous décidons de nous occuper du Tétras en réalisant le plein ainsi qu'un petit nettoyage.


Le début d'après-midi arrive, après avoir déjeuné, bu un café et remercié Patrice pour son accueil, nous nous installons dans l'appareil. Nous quittons Saint-Florentin, direction Troyes pour faire un petit coucou au dessus de la maison de Papy et La Blonde, deux-trois tours mais personne ! On passe sur les retenues de la Seine, le Lac d'Orient où l'on aperçoit les plages.


Direction Saint-Dizier pour longer le lac du Der, retenue de la Marne, beaucoup plus grand que le lac d'Orient. Cap sur Joinville, Neufchâteau quand tout à coup ma mère identifie un feu qui vient de commencer. Effectivement une grosse fumée noire monte d'un bosquet mais on y aperçoit comme une maison au milieu. En liaison avec le SIV de Strasbourg nous prenons contact avec un contrôleur de la circulation et lui signalons le feu. A peine 5 minutes plus tard la personne nous rappelle en nous demandant des compléments d'informations. Je décide donc de faire demi-tour, et retournons sur place. Nous transmettons les dernières nouvelles à Strasbourg et reprenons notre route (ce qui est incroyable c'est que mes parents, en rentrant de leur périple, en prenant les petites routes sont tombés par hasard sur le lieu de l'incendie).


Nous nous posons vers 17h00 au terrain de Dogneville, la boucle étant bouclée.


Nous sommes heureux, notre premier périple est fini, et ce fut un moment de plaisir ensemble, et un retour à sa jeunesse pour ma maman, avec un Tétras qui s'est parfaitement bien tenu !

Cette première aventure, avec tous ses souvenirs, ne nous a donné qu'une seule envie : RECOMMENCER !!! À quand le prochain voyage ? Sans aucun doute, l'année prochaine... Il ne nous reste donc plus qu'à organiser le Flying Cockpit Tour ULM 2019, reste à savoir chez qui nous irons : les bretons, Nantes, La Rochelle, la Sarthe,...

Ci-dessous, une petite carte retraçant cette aventure :


Posts les plus consultés de ce blog